Les devoirs de vacances.


Que faire de sa progéniture pendant la pause estivale quand on travaille… ou pas? cette année encore, persévérante, maman tente de stimuler leurs petites méninges.

«Oisiveté totale ou labeur raisonnable? Entre les deux, mon cœur balance. Chères lectrices (et lecteurs!), vous qui suivez cette chronique depuis son commencement aurez remarqué qu’elle ne tend qu’à un but: essayer de faire en sorte que les sept semaines qui séparent le dernier jour d’école de celui de la rentrée se déroulent le mieux possible pour mes enfants et les vôtres. Tranquillité, amusement, zénitude, loisirs, plaisirs sont des mots ici même fréquemment utilisés. Mais cette semaine, je me vois obligée d’évoquer le sujet qui fâche. Celui qui plonge les parents dans un abîme de doutes et d’interrogations. Celui qui rend les enfants quasi dépressifs en deux minutes chrono entre un saut dans la piscine et une tartine de Nutella: les devoirs de vacances. Aimante, attentive, compréhensive, respectueuse, amusante… tout cela, je crois l’être. Signes qui ne trompent pas, les bisous et les câlins sont mon lot quotidien. Même pas la peine de demander. Mais, comme bon nombre de mères, j’ai une conscience.

Et celle-ci me conduit fréquemment à glisser une main de fer dans mon gant de velours. Dans mon cahier des charges maternel, la fonction de coach scolaire figure en bonne place. C’est donc tout naturellement qu’au moment où classeurs et cartables étaient remisés, j’ai fait l’acquisition de deux cahiers de vacances flambant neufs.

Matière grise à entretenir

Quelques opérations, une pléthore de problèmes à résoudre, des énigmes à gogo… voilà qui entretiendra la flamme, qui ne laissera pas mes deux merveilles se transformer en larves, certes bronzées mais quasi analphabètes, qui fermera leurs petits cerveaux à double tour pour ne pas laisser s’en échapper toute cette matière grise durement acquise pendant l’année. Là, tout de suite, je ne vous dis pas la tête de la descendance quand j’ai sorti les deux «choses» de la valise. Curiosité furtive, soupir profond et fuite quasi immédiate. A l’instant T, ils avaient bien mieux à faire. Alors j’attends. Une matinée pluvieuse, une envie de se mesurer à eux-mêmes, de montrer leurs talents à papa, de passer le temps autrement… Peut-être, cette année, dépasseront-ils enfin la moitié du cahier. Ils ne seront sans doute pas plus intelligents, mais je serai rassurée. Les cahiers de vacances sont aussi (surtout?) faits pour ça, non?»

Les combines de la semaine

Devoirs de vacances, oui ou non? Des réponses avec Isabel Pérez, enseignante et coach scolaire à Lausanne, auteure de «Mon enfant réussit sa scolarité», Editions Favre (à paraître fin août).

Le cahier de vacances est-il un bon outil pour faire travailler les enfants?

Oui, mais tout dépend du cahier. Le choisir agréable, illustré, ludique. L’enfant ne doit pas avoir l’impression de travailler sur les mêmes supports qu’à l’école. Faire attention à bien sélectionner selon la classe de l’enfant. Un cahier de vacances est fait pour réviser les acquis, pas pour prendre de l’avance sur le programme futur.

Faut-il que l’enfant s’exerce pendant toutes les vacances?

Non, les deux premières semaines doivent être consacrées au repos et à l’amusement. Ensuite, les enfants qui rencontrent des difficultés peuvent s’y mettre doucement. Ceux qui ont des facilités peuvent commencer les deux dernières semaines seulement.

A quel rythme de travail?

Plutôt des séances courtes mais régulières, avec un adulte. Le but est simplement de rafraîchir les connaissances. Si l’enfant n’est pas attiré par le cahier de vacances, on peut s’y prendre autrement: une BD qu’il aime en guise de lecture, des courses au marché pour quelques exercices de calculs au moment de payer… Si l’enfant refuse tout net, ne pas insister sous peine de le dégoûter, car, la plupart du temps, faire travailler les enfants pendant les vacances est surtout, pour les parents, un moyen de se rassurer.

Par Jennifer Segui

Source: Magazine Femina