L'échec scolaire : Lutter pour le combattre

L’échec scolaire : Comment réagir ?

Difficultés durables, troubles des apprentissages, estime de soi et confiance en soi fragile, défaut de motivation, difficultés familiales. Autant de facteurs qui jettent parfois un peu d’ombre au tableau des résultats des élèves et peuvent rendre le parcours scolaire chaotique. Que faire pour vos enfants n’entrent pas dans la spirale de l’échec ?


Rassurer et encourager

La première attitude à adopter consiste à rassurer. Il est important de rappeler aux enfants que l’amour qui leur est porté n’est pas lié aux résultats scolaires. Valoriser toutes les compétences extrascolaires permet de renforcer l’estime de soi. Chacun a des qualités propres, humaines, sociales, dans le domaine sportif, musical qui doivent être mises d’autant plus en lumière que l’élève est fragilisé dans sa scolarité.


Éviter de culpabiliser

Certains parents se sentent responsables : « Qu’ai-je fait faux ? », d’autres feignent ne pas voir les difficultés ou tardent à prendre des mesures. Les parents et enfants se sentent majoritairement démunis lors des premiers constats d’échec. Observer que son enfant n’apprend pas facilement, pas comme les autres ou pas aussi bien que ses camarades n’est jamais évident. Cela étant, l’échec scolaire a des causes multifactorielles, il est donc préférable de dispenser son énergie à chercher des solutions plutôt qu’un ou des coupables.

Quant à l’élève, il risque de se sentir impuissant, d’adopter des stratégies qui masquent le handicap. Il peut encore se sentir échouer et va extérioriser son mal-être de sorte qu’enseignant et parents s’inquiéteront plus de problèmes comportementaux que d’éventuels troubles d’apprentissages. Cela constitue un phénomène plus fréquemment observé chez les garçons. Les filles quant à elles auront majoritairement tendance à se renfermer sur elles-mêmes en situation difficile.

Ne pas tomber dans la culpabilité n’est pas simple mais pourtant essentiel pour parvenir à tranquilliser l’enfant : il a besoin de sentir les adultes confiants autour de lui.


Relever le problème

Une des raisons pour lesquelles certains parents parents hésitent à demander de l’aide et à mettre en place un suivi approprié, c’est parce qu’ils veulent éviter que l’enfant soit stigmatisé. Ils se demandent comment l’enfant va réagir, s’il va se sentir différent des autres et s’il ne vaut pas mieux faire « avec les moyens du bord ». Mais ceux qui ont franchi le pas et opté pour cette démarche se sentent soulagés que des mots soient mis sur les difficultés. L’enfant sera soulagé de réaliser que ce n’est pas qu’une question d’intelligence, de manque de travail. Un trouble propre et reconnu l’empêche d’apprendre et de figurer parmi les « bons élèves ».  Il trouvera des explications à ses difficultés et sera apaisé de savoir que celles-ci ne sont pas inéluctables.

 

Ne pas mettre trop de pression

Il est préférable de ne pas s’alarmer en imposant tout de suite une aide à l’enfant mais plutôt de dialoguer régulièrement avec lui pour tenter de le faire mettre ses propres mots sur ce qu’il vit à l’école et comment il s’y sent. Il faut l’aider à verbaliser ce qui, de son point de vue, l’empêche d’apprendre. Ainsi, l’enfant prend davantage conscience de sa situation et les craintes éventuelles des parents ne sont pas projetées. Enfin, en reconnaissant qu’il traverse des difficultés, l’enfant sera plus enclin à accepter de l’aide, voire à en demander.

 

Faire preuve de patience

Si des lacunes ont persisté durablement, il faudra du temps pour les combler et suivre le programme en même temps. Il risque donc d’y avoir un décalage entre les efforts fournis et la récompense représentée par des résultats qui prennent la pente ascendante. Veillez à bien l’expliquer aux enfants et à régulièrement faire le point avec eux pour relever chacune des améliorations. Tenir un journal de bord des résultats dès qu’un suivi est mis en place peut être une bonne astuce.

 

Demander de l’aide au corps professionnel

Contacter les enseignants permet d’échanger les observations faites de part et d'autre qui peuvent différer considérablement. Le regard de l’enseignant, s’il est à l’écoute et sensible à la situation de l’élève, est précieux. D’autres intervenants peuvent être contactés : doyen, médiateur, infirmière et médecin scolaire.

 

Les causes et les solutions à l’échec

Il n’existe pas une seule et unique solution à l’échec scolaire. Le parcours peut être long et tortueux avant de trouver la clef, le déclic qui permet à l’élève de se réinvestir dans ses apprentissages. Les parents doivent parfois s’armer de patience et faire preuve de compréhension dans leur accompagnement, c'est pourquoi eux aussi ont besoin de soutien. Inutile de culpabiliser non plus, ce n’est rassurant pour personne et tout comme les solutions pour retrouver le chemin de la réussite, les causes de l’échec sont la plupart du temps variées.

 

L’enfant est « mal » orienté

Il convient en préambule de mentionner que l’échec n’est pas synonyme de redoublement. Un enfant peut se sentir en échec sans pour autant que ses notes soient insuffisantes. Les « oubliés » de l’échec sont ceux dont le parcours n’est pas à la hauteur des espérances. Et dans certains cantons très sélectifs, c’est notamment lors de l’orientation en 6e année que ces enfants risquent de baisser les bras. Préadolescents et déjà mis au parfum de la performance et de la sélectivité, il y a de quoi être inquiet.

Si la voie proposée ne correspond pas aux attentes de l’enfant ou parfois à celles de leurs parents, les répercussions sur la motivation, un des facteurs clefs de la réussite, ne doivent pas être négligées. Dans ce cas, il convient de préserver le dialogue avec l’enfant et de continuer à l’encourager. Et surtout, de lui dire que la vie ne se joue pas à 12-13 ans. Une phrase essentielle à rappeler régulièrement et si possible à démontrer par des exemples concrets. Évoquez les membres de la famille, amis, qui ont réussi professionnellement sans avoir été des « premiers de classe ». Enfin, la réussite ne passe pas toujours par un métier prestigieux, loin s’en faut. En d’autres termes, il convient veiller à l’estime soi de l’enfant.


 

Les causes et solutions

Une réflexion en fonction des difficultés propres à l’enfant est essentielle. Puis, pour être partie prenante dans une démarche thérapeutique quelle qu’elle soit, chacun doit être prêt : les parents et les enfants. La relation d’aide est une rencontre entre deux personnes et plus le rapport de confiance sera solide, plus grandes seront les chances de succès.

Si les démarches plus traditionnelles ne semblent pas donner les résultats escomptés, il ne faut pas hésiter, même si c’est long et que l’envie est prégnante de baisser les bras à faire appel à un autre type de soutien. Enfin, certaines thérapies moins classiques, telles que la kinésiologie et le brain gym, la chromothérapie, la thérapie avec le cheval, donnent aussi des résultats probants.


  • Troubles et difficultés d’apprentissages

Les troubles dys- (dyslexie, dyscalculie, dysorthographie, dysgraphie, dyspraxie et dysphasie), les enfants à haut potentiel intellectuel, qui ont un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), la phobie scolaire figurent parmi les causes susceptibles de rendre la parcours scolaire plus chaotique.


Pour ce type de difficultés, il est judicieux de s’adresser dans un premier temps à des spécialistes desdits troubles ou de demander conseil à une association , soit :

Logopédiste et associations adsr.ch ou dysphasie.ch : pour les troubles d’apprentissage du langage écrit, oral ou des mathématiques et du calcul

Psychologue spécialisé dans le domaine de la surdouance et association asep-suisse.org : pour les élèves à haut potentiel intellectuel (HPI)

Pédopsychiatre ou association aspedah.ch : pour les enfants qui souffrent d’un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H)

Ergothérapeuthes et psychomotriciens et association dyspraquoi.ch : pour les enfants dyspraxiques


  • Phobie scolaire :

Le recours à un pédopsychiatre, un pédiatre, un psychologue est nécessaire.

  • Des obstacles dans le parcours de vie (problèmes familiaux, maladie, deuil) qui démobilisent l’enfant de la scolarité à court, moyen ou long terme.

La courbe des apprentissages n’est pas linéaire. Elle le sera d’autant moins si des problèmes personnels viennent perturber l’élève. Si la situation d’échec est temporaire, 1-3 mois, il est peut-être préférable de l’accepter et d’axer la relation avec l’enfant sur des activités qui permettront de lui redonner le moral. En revanche, si cela dure au-delà, que l’enfant somatise (maux de ventre, de tête, plus envie de se lever), mieux vaut prendre un rendez-vous avec le pédiatre ou un psychologue qui sont à même d’évaluer la situation et de guider les parents.

  • Les difficultés ciblées sur quelques branches

Dans ce cas, la prise de contact avec un répétiteur, un enseignant privé ou un centre de soutien scolaire peut aider à combler les lacunes.


  • Les problèmes d’organisation (oublis des affaires, des devoirs, incapacité à anticiper)
  • Le défaut de motivation
  • Le manque de confiance en soi au niveau des compétences

 

Pour ces trois derniers points, il s’agit plus de compétences structurelles. C'est pourquoi il convient de commencer par traiter le problème de fond. Le recours à un pédagogue qualifié, un coach scolaire, constitue un soutien précieux. Le professionnel procède à un bilan avec l’enfant et les parents. Les stratégies d’apprentissage, les raisons du manque de motivation ou de confiance sont évaluées. Enfin, le professionnel guide l’élève et lui donne des outils concrets pour l’aider à reprendre goût aux apprentissages et à savoir comment s’investir dans sa scolarité.


Isabel Pérez, coach scolaire, www.ipcoaching.ch

Article rédigé pour LaFamily.ch, portail romand des familles.

Nouvelles

  • Cours intensifs de vacances fr/maths/all/angl
  • Semaine de stage 9h-16h00
  • Certificats, maturité, examens privé/public plus d'infos au 076 319 12 16
  • Inscriptions ouvertes

Votre conseillère pédagogique

Soutien scolaire

Apprendre à apprendre

Le CYT, même pas peur!